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Elle se tient là, cette attachante échoppe aux charmes retenus, et dont l'existence semble remonter au début du siècle passé, hissée, un peu en
retrait, sur un petit perron, tandis qu'à ses pieds une fontaine aux bassins massifs de pierre lui murmure des tendresses.
Elle paraît comme intimidée de se retrouver seule, au milieu du village, et d'attirer autant de monde, quand bien même elle interpelle le
passant de sa belle enseigne de fer forgé peinte.
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Que lit-on sur le front de l'échoppe ? "Tristan, artisan chocolatier". On retrouve l'inscription sur l'enseigne qui se balance
au-dessus et dans laquelle se découpe l'effigie du maître des lieux en train de brasser à larges gestes du chocolat dans un imposant chaudron.
Car il s'agit bien ici de chocolat, c'est-à-dire d'un lieu culte, voire magique où celui-ci s'y décline de mille façons, donnant lieu à des
gourmandises plus savoureuses les unes que les autres, dont les subtiles senteurs peuvent être perçues au dehors, à la dérobée, lorsque la porte de l'échoppe s'entre-ouvre sur les pas du chaland. N'allez pas
chercher plus loin les raisons de l'attrait qu'exerce sur lui ce lieu, tant il est irrésistible.
Pourtant, avant de pénétrer dans l'échoppe, on ne manquera pas de s'attarder sur la petite terrasse du perron, sur laquelle sont disposés des
arbustes en pots, et que protègent des ardeurs du soleil, pendant la belle saison, une ample tenture, à larges rayures bordeaux et blanches, et où, une table et quelques chaises de bois laqué blanc accueillent le
dégustateur de glaces ou de sorbets. Ainsi pourra-t-on contempler, ce qu'offre au regard, la vitrine, vitrine dont la devanture, aux vitrages encadrés de châssis et flanquée de volets rabattus, faits de bois sombre,
au toucher rugueux par les ans, s'élève au-dessus d'un petit muret, et que départage par le milieu une porte d'entrée animée d'une poignée de laiton un peu lasse.
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